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Une douleur sourde aux poignets après une longue journée passée devant l'ordinateur, des fourmillements dans les doigts au réveil ou une raideur persistante sont souvent considérés comme des désagréments mineurs. Pourtant, ils peuvent signaler les premiers signes d'un trouble musculo-squelettique lié au travail (TMS). Nombreux sont ceux qui remarquent ces symptômes, les évoquent nonchalamment auprès d'un collègue, puis continuent leurs activités comme si de rien n'était.

Les TMS se développent progressivement par la répétition de petits mouvements comme taper au clavier, cliquer, manipuler des outils, faire défiler une page ou utiliser un appareil mobile. Lorsque la douleur devient importante, la lésion est souvent déjà avancée. Au début, la gêne est supportable et n'entrave que rarement le travail ou les activités quotidiennes. Cependant, avec le temps, ces petites tensions s'accumulent et une légère raideur peut évoluer vers une douleur persistante, une faiblesse ou un engourdissement qui affectent des gestes simples comme ouvrir des bocaux, tenir des objets ou même dormir confortablement.

Comprendre les lésions dues aux mouvements répétitifs

Les troubles musculo-squelettiques liés au travail répétitif (TMS) sont des lésions ou des irritations des muscles, des tendons ou des nerfs causées par des mouvements répétitifs, une force soutenue, des vibrations ou des postures contraignantes maintenues sur une longue période. Au Canada, les TMS sont souvent classés parmi les troubles musculo-squelettiques et peuvent toucher les mains, les poignets, les avant-bras, les coudes, les épaules et le cou, selon les tâches effectuées.

Parmi les exemples courants, citons l'inflammation des tendons due aux mouvements répétitifs de la main et la compression nerveuse, comme dans le syndrome du canal carpien. Les TMS se développant progressivement, de nombreux travailleurs continuent d'effectuer les mêmes tâches sans les adapter, ce qui aggrave la blessure. Une gêne persistante ou récurrente est un signal d'alarme : votre corps vous indique qu'il est temps de vous faire soigner.

Signes avant-coureurs

La reconnaissance précoce des symptômes peut éviter qu'une irritation mineure ne se transforme en blessure grave. Les signes avant-coureurs courants comprennent :

  • Picotements ou engourdissements dans les doigts
  • Douleurs aux poignets, aux mains ou aux avant-bras
  • Faiblesse de la préhension ou difficulté à tenir des objets
  • Raideurs matinales qui s'atténuent mais reviennent après l'activité.

Même si ces symptômes sont légers, leur apparition régulière indique un stress cumulatif sur le système musculo-squelettique. Un diagnostic précoce est essentiel pour prévenir les problèmes à long terme.

Pourquoi ignorer les symptômes est risqué

Les premiers symptômes des TMS sont faciles à négliger car ils paraissent rarement urgents. De légers picotements, un engourdissement occasionnel ou une gêne en fin de journée peuvent sembler normaux, surtout dans les métiers impliquant une utilisation constante des mains. Que l'on travaille à un bureau, sur un chantier, dans le secteur de la santé, du commerce ou de l'industrie, les mouvements répétitifs des mains sont inévitables.

Ignorer ces signaux peut entraîner l'aggravation d'une irritation mineure et la formation d'une blessure plus importante, pouvant nécessiter des soins médicaux, une adaptation des tâches ou un arrêt de travail. Les TMS (troubles musculo-squelettiques) apparaissent rarement du jour au lendemain. Ils se développent lentement, mouvement répétitif après mouvement ; c'est pourquoi la vigilance et les mesures préventives sont essentielles.

Lésions dues aux mouvements répétitifs et santé et sécurité au travail au Canada

Au Canada, les employeurs ont l’obligation légale, en vertu des lois provinciales et territoriales sur la santé et la sécurité au travail, de prendre des précautions raisonnables pour protéger les travailleurs. Cela comprend l’identification, dans la mesure du possible, des dangers pouvant contribuer aux troubles musculosquelettiques. Les risques ergonomiques, comme les postes de travail mal ajustés, les efforts répétitifs et intenses ou les postures statiques prolongées, doivent être pris en compte dans le cadre d’un programme complet de santé et de sécurité.

Une approche proactive peut inclure :

  1. Évaluation ergonomique : Analyser la manière dont les tâches sont effectuées et ajuster les postes de travail, les outils ou les flux de travail afin de réduire la pénibilité.
  2. Éducation et sensibilisation : Former les travailleurs à reconnaître les premiers signes de stress et à savoir comment réagir.
  3. Variante de tâche : Rotation ou modification des tâches afin de limiter la répétition prolongée d'un même mouvement.

La prévention ne nécessite pas d'interventions complexes, mais une application constante est essentielle. Même de petits ajustements peuvent faire une différence considérable au fil du temps.

Mesures pratiques pour réduire les risques

La plupart des troubles musculo-squelettiques liés au travail répétitif sont évitables grâce à la sensibilisation et à des gestes simples et réguliers. Les principales stratégies comprennent :

  • Faites des pauses courtes et régulières pour changer de position ou étirer vos mains et vos avant-bras. Même une à deux minutes par heure peuvent réduire les tensions musculaires prolongées.
  • Maintenez un alignement neutre du poignet lors de la frappe au clavier, de l'utilisation d'outils ou d'activités répétitives des mains afin de réduire la tension exercée sur les tendons et les nerfs.
  • Alternez les tâches autant que possible afin de limiter la répétition prolongée des mêmes mouvements.
  • Ajustez votre espace de travail ou vos outils pour favoriser le confort et une posture correcte, notamment en ajustant la taille du clavier, de la souris, de l'écran, de la chaise ou des poignées des outils.
  • Soyez attentif aux premiers signes d'alerte. Des picotements persistants, un engourdissement, une faiblesse ou une douleur qui ne s'améliorent pas avec le repos doivent inciter à consulter un médecin ou à adapter le poste de travail.
  • L'adoption régulière de ces habitudes permet d'éviter qu'une gêne mineure ne se transforme en blessure importante. Mieux vaut prévenir que guérir.

Un rappel opportun

Le 28 février est la Journée de sensibilisation aux TMS (troubles musculo-squelettiques liés au travail)., Ceci nous rappelle que les troubles musculo-squelettiques liés au travail répétitif sont fréquents mais largement évitables. La plupart des gens utilisent leurs mains quotidiennement pour le travail et les activités de la vie courante, pourtant rares sont ceux qui prennent en compte l'impact cumulatif des tâches répétitives avant que les symptômes ne deviennent invalidants.

Être attentif aux premiers signes de tension, mettre en place des aménagements ergonomiques adaptés et encourager le dialogue sur la santé musculo-squelettique au travail peut réduire considérablement les risques à long terme. Vos mains sont des outils essentiels et irremplaçables. Protégez-les avant que la gêne ne se transforme en handicap.

Si votre organisation n'a pas récemment revu son approche en matière de sécurité ergonomique et de prévention des troubles musculo-squelettiques, il est temps de le faire. Une évaluation proactive et des changements progressifs et réguliers peuvent contribuer à protéger les travailleurs et à préserver leur santé et leur productivité à long terme.
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